Collection: Nocturne

« Combien la Lumière me paraît alors niaise, indigente, et combien heureux, l’adieu béni du jour ! (…) De crainte que la Nuit ne détournât de toi ceux qui te servent, tu parsemas les espaces sidéraux de sphères lumineuses censées proclamer ta puissance et annoncer ton retour, durant le temps de ton éloignement. Mais les yeux infinis que la Nuit ouvre en nous paraissent plus célestes que ces étoiles scintillantes. Leur regard porte plus loin, par-delà les cohortes extrêmes du firmament (…). Célébrons donc la reine universelle, annonciatrice des mondes sacrés, sauvegarde de l’amour bienheureux : c’est elle qui t’envoie, tendre amante, aimable soleil nocturne ! »

Novalis, Hymnes à la nuit