Collection: Sunhee LEE
Après un premier cycle d’études artistiques en Corée-du-Sud, Lee Sun-hee s’installe en Europe à la fin des années 90, d’abord en Allemagne, puis en France, immersion dans des contrées étrangères qui a donné un nouvel élan créateur à sa pratique.
L’essentiel de sa recherche porte sur ce qu’elle appelle le « paysage intérieur », ses œuvres peintes comme gravées se font l’empreinte de souvenirs et sensations ressenties autant dans sa psyché que d’un point de vue plus charnel. Ce sont les vibrations provoquées au fond d’elle lors de ses promenades dans la nature qui se recomposent dans l’œuvre, pour faire de ces paysages des images mentales et colorées, jaillissant comme dans un geyser et tendant vers l’abstraction.
Elle compare sa pratique à un art qui serait comme celui de la cuisine : une affaire de dosage d’ingrédients et de travail sur la texture, et surtout de patience : « Créer, c’est savoir attendre »
confie-t-elle. Chaque œuvre serait comme un plat mijoté longuement sur lequel elle revient sans cesse pour rectifier, ajuster, sans jamais renoncer à la spontanéité de l’inspiration de l’instant mêlée à celle qui a initié le tableau. Voyant l’acte de peindre comme une expérience sensitive, elle affectionne la matérialité du papier Hanji, la sensualité de l’encre de Chine, l’accroche et la très subtile rugosité du gesso.
Depuis ses débuts marqués par des grands formats gestuels, son art est arrivé à une maturité apaisée, qui invite le spectateur à se plonger dans l’expérience de ses propres émotions et de son imaginaire, et ressentir l’intime vibration du monde qui nous précède et nous survivra.